L'été était chaud cette année là. Peut être trop chaud même aux dires de certains.
Pourtant, ce n'était pas pour déplaire aux enfants qui chaque jour, aux premières lueurs du soleil, jouaient gaiement au football, à la corde à sauter ou s'amusaient à faire le tour du pâté de maisons en vélo, encore et encore.
Devant cette agitation de tous les jours, une jeune fille bientôt âgée de 17 ans, regardait le ciel avec mélancolie, soupirant tristement au vide intérieur qui l'habitait depuis tant d'années...
- Léa ? dit une voix derrière elle.
Léa se retourna alors avec lenteur pour voir le corps d'une femme âgée d'une soixantaine d'années aux cheveux mi-longs blonds, et aux yeux d'un bleu éclatant.
Elle était assez grande et on pouvait lire sur son visage une grande douceur.
- Oui maman ?
- Allons ma chérie, qu'est-ce que tu fais ici, cloitrée dans ta chambre ?
Léa répondit par un haussement d'épaules.
- Il fait si beau dehors, une jeune fille de ton âge devrait sortir et aller s'amuser avec ses amis...
- Quels amis ? coupa Léa.
La femme soupira et passa sa main sur le visage de Léa.
- Justement ma chérie, c'est en sortant que tu t'en feras.
- Je n'en ai pas envie maman, d'ailleurs je n'ai envie de rien.
Avant que la femme n'ait eu le temps de reprendre la parole, un homme assez grand lui aussi, avec un ventre proéminant et des cheveux blonds coupés très courts entra à son tour dans la chambre.
Il était habillé d'une salopette bleue et portait une canne à pêche dans ses mains.
Il avait l'air tout aussi gentil que sa femme, à la seule différence qu'une aura de bonne humeur semblait se répandre, tel un doux parfum, quand il était là.
- Léa, je vais pêcher, tu veux venir avec moi ?
Nouveau haussement d'épaules.
- Elle n'a pas envie de sortir Andrew, soupira la femme.
- Je sais Julie, mais ça fait des semaines que Léa reste ici, reprit Andrew. Prendre l'air lui ferait du bien.
- Papa, je t'assure que je suis bien ici, je n'ai besoin de rien.
- Allons, explique-nous ce qui cloche ma chérie, dit doucement Julie.
Léa se leva alors semblant prête à exploser de rage et de chagrin.
- Ce qui cloche ? s'exclama-t-elle. Je n'en sais rien, c'est ça le problème ! J'ai l'impression de ne pas être à ma place où que j'aille. J'ai l'impression de vivre une vie qui n'est pas faite pour moi ! J'ai été renvoyée de toutes les écoles dans lesquelles j'ai posé un pied. En moins d'un mois, j'avais déjà causé plusieurs catastrophes. Je n'ai jamais réussi à me faire le moindre ami, tout ça parce que la plupart des gens me traitaient de fille bizarre et de monstre !
- Tu n'es pas un monstre Léa, dit calmement Andrew, tu le sais.
- Non, je ne le sais pas ! Et s'ils avaient raison après tout ?
A ces mots Léa sentit une larme couler le long de son visage.
- Allons, dit doucement Julie, tu es une magnifique jeune fille. Tu manque un peu de couleur dans ta façon de t'habiller certes... Tout ce noir ! Mais tu es tellement belle. Ce sont les autres les monstres.
- Oui, continua Andrew, ta mère a totalement raison.
- Mais pourquoi m'arrive t-il toutes ces choses ? questionna Léa en larmes. Je veux dire que, à cause de moi, les vitres se brisent, j'ai parfois l'impression que les livres que je tiens, pourtant fermement, s'envolent de mes mains et tombent à mes pieds. Je crois aussi voir certains tableaux me parler. Et la nuit, je fais des rêves tellement étranges. Je... Je vois des gens jeter des sorts. Depuis toute petite, ça se passe comme ça.
- Je... Je croyais que ça allait mieux, bredouilla Andrew.
- Non, sanglota Léa, c'est de pire en pire.
Julie et Andrew échangèrent un regard inquiet.
- Ma chérie, moi et ton père devons parler, dit tristement Julie.
- Calme-toi ma chérie, regarde un peu la télé. Distrais-toi un peu, proposa Andrew. Sèche tes larmes.
Julie serra sa fille dans ses bras, un long moment avant de partir. Quand ses deux parents furent sortis, Léa alluma la télévision et commença à regarder une vielle série en noir et blanc, couchée sur son lit.
Elle regarda alors son bureau, tout était encore en pagaille comme d'ordinaire. Pourtant quelque chose attira son attention : un morceau de papier de couleur or qui ne semblait pas être là hier soir.
Elle se leva alors en toute hâte et se décida à l'inspecter de plus prêt.
Elle lut alors très clairement :
"Léa, le secret est dans ton c½ur. Ne refuse pas ce que tu essayes de ne pas voir depuis des années. Le pouvoir est en toi..."
Elle releva la tête, sentant de nouveau les larmes couler le long de ses joues.
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